Vendredi 6 février 2009
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13:39
Il ne se passe pas une semaine sans que la presse, généralement anglaise, nous sorte des limbes un groupe totalement inconnu, mais qui sera le nouveau Beatles, Rolling Stones ou U2 dans le futur...; Et généralement, deux mois après, plus personne ne se rappelle du nom des jeunots qui composent le groupe. Si, en 2007, les Klaxons ont remporté la palme, en 2008, c'est sans nul doute the Whip qui se l'est arrogée haut la main.
Comment qualifier l'univers du groupe ? Une musique très dance, très rock, très psychédélique, très 80's ? En cela, ils ne se différencient guère des 3/4 de la production britannique actuelle, dont le leitmotiv assumé est "de faire de la musique pour faire danser les filles" (sic). Mais il y a heureusement plus. Les compositions sont très bonnes, la cohésion au sein du groupe (dont le batteur est une fille, ce qui est suffisamment rare dans le milieu machiste du rock), les ambiances, même si elles sont parfois très stéréotypées, sont variées et riches, l'inventivité est débordante, ce qui donne un disque qui très rapidement tourne comme une ritournelle.
L'album débute avec le magistral Trash, titre qui les a propulsé en 2006 sur une compilation du label trsè tendance Kitsune. Une basse puissante et pulsante mise en avant, des claviers en nappes comme dans les années 80 (décidément forts à la mode), une voix très bien posée, des riffs accrocheurs et un refrain qui, par sa simplicité, incite à reprendre en choeur. Morceau gagnant à coup sûr, pour peu que l'on accepte ce formatage dancefloor.
Save my soul donne directement une autre vision du groupe : on passe de l'exubérance à un morceau plus intimiste, toujours avec cette basse puissante, cette voix magnifiquement posée qui rend bien la tension du morceau. L'ambiance est délibérément année 80, avec ces synthés caractéristiques qui font penser aux premiers LP de Human League, par exemple. Terriblement efficace.
Frustration, le morceau suivant, poursuit la meme ligne de conduite : claviers qui font penser immanquablement aux années 80 style Altered Images, Et puis une voix, une coloration musicale qui renvoient directement à Psychadelic Furs... Les jeunots soignent les quarantenaires qui tomberaient par hasard sur cet album... Une composition solide, pop sans trop l'être.
Le morceau suivant "Blackout" revient à une musique plus electro dance actuelle à la Kaxons dont nous parlions en début d'article. Un morceau faussement simple, où les gimmicks s'accumulent comme autant de bons jeux de mots. Entraînant sans être réèllement innovant, le morceau nous sert de mise en bouche à Muzzle, un véritable petit bijou de composition. Tout y est : un sens du rthme servi par une basse puissante, des riffs acérés et précis comme des scalpels, des claviers en nappe qui accompagnent sans couvrir, une voix et des choeurs qui en font juste assez... Une des meilleures compositions de l'album.
Sirens... Morceau moins ryhtmé, très Psychadelic Furs, avec un refrain énorme, une ambiance plus intime, une voix rappelant celle de minimal compact. Divebomb qui lui cuccède a été le deuximème morceau à se retrouver sur une compilation Kitsune. Entièrement instrumental, c'est un véritable hymne au tout electronique, fils de Kraftwerk et de la scène hardcore. Pas passionnant, mais surprenant dans le contexte de cet album. Pourtant, le morceau suivant : Sister Siam, avec ses claps electroniques, et ses loops big beat enfonce le clou. . Dans ce morceau, exit la grosse basse puissante, les riffs acérés, l'ensemble est entièrement electro dance.
Dubsex lorgne à peine dans la direction de Tears for Fear (manquait plus qu'eux), décidément fort à la mode également chez les petits jeunots. C'est pop, frais, cela ne casse pas trois pates à un canard, mais est joliment enrobé. L'album se clôture avec l'hypnotique Throw it in the fire, qui lorgne à nouveau sur les dancefloors electros...
Finalement, c'est peut être à celà que l'on se dit que ce groupe est différent : il brasse le meilleur de la musique actuelle avec de grosses références à la musique des années 80, ce qui en fait un véritable amusement... et c'est actuellement ce qui est à la mode.. Certains y arrivent avec brio, comme the whip, d'autres... Une chose cependant est sûre, c'est que les jeunes musiciens actuls font preuve d'une savoir-faire technique et d'une maturité musicale impressiionnante. A moins qu'ils ne soient coachés par de vieux biscards suffisamment habiles que pour lisser tous les défauts. Car des défauts, il y en a peu sur ce disque à la production lêchée. Tout au plus pourra-t-on lui reprocher un côté "vite entendu, vite oublié", mais c'est, je pense, l'apanage de la production actuelle.
Au total, un album qui est représentatif du mouvement actuel : gros son rock qui veut faire dancer, avec des références constantes aux années 80. Pillage ou référence, génie ou copiage de type google ? L'avenir seul nous dira si effectivement ces groupes seront capables de nous pondre plusieurs albums en se renouvellant. Dans l'attente de ceux-ci, il ne nous reste qu'à .... danser.

