Lundi 23 février 2009
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Amis des années 60, sortez vos shiloms, faites sêcher vos psylos et préparez vos buvards.. J'ai une révélation à vous faire. Nous vivons dans une mauvaise dimension : les années
psychédéliques ne se sont pas encore écoulées, Nous sommes actuellement en train de les vivre... Ainsi, Sid Barret n'est pas mort, pas plus qu'il est devenu fou... Il a glissé dans une
faille spatiotemporelle, et de là bas, il nous envoie des missiles sonores. Il a formé un groupe avec les Mama's and Papa's, les Beach Boys, les Mothers of Invention et autres King
Crimson... Afin de mieux brouiller les pistes, il a décidé d'appeler son projet : the Aliens. Assurément, avec un nom pareil, on ne peut que s'attendre à quelque chose d'extra
terrestre.
The Beta Band : un groupe écossais qui a connu un succès d'estime fin des années 90, début 2000, pas franchement folichon car se perdant dans des expérimentations musicales parfois
indigestes. De ce groupe, trois musiciens ont formé The Aliens. Un premier album sorti en 2007 "astronomy for dogs" passé inaperçu... Et puis en mars 2008 sort "Luna".
Le premier morceau "Bobby's song" ne fait pas dans le détail et plante le décor : 10 minutes 26 secondes de délire musical. L'introduction, propre sur elle avec sa ligne d'harmonica et ses
choeurs tout en finesse part en vrille après 2minutes 30 : accélération du tempo, synthés 60 en avant, on part dans des effets électronique très cheaps qui ne font pas, mais qui sont
vintages... A la 4ème minute, c'est un accordéon qui assure le break, et on est parti dans une dance trance de l'est du plus bel effet... Que de changements d'atmosphères, de rythme, de
sujet... A la septième minutes, une ritournelle toute en distorsion qui accèlere pour se casser la figure sur un méchant ralenti de bande... De bande ? A l'heure du digital ???
Amen fait dans les choeurs façon l'homme à la tête de chou. Superfurry Animals n'a plus qu'à aller se rabiller. Theremin, le morceau suivant, rêve vivant, fait penser aux Beach Boys sous
hallu. Le morceau est interrompu par différents bruitages... qui introduisent "everyone", une composition où la pop fleurte avec l'encens et le patchouli.
Magic man est le single sorti de cet album (il faut quand même rendre hommage à l'inconscience de la maison de disque, car ici, la prise de risque est totale). Et il faut bien reconnaître que
c'est probablement la composition la plus "formatée" (commerciale n'est sûrement pas adéquat ici) de l'album. Une composition qui n'aurait probablement pas déparée dans un dique comme le
sergent pepper, par exemple...
Il fallait s'en douter, après un tel moment de musique trop "easy lesatening", le groupe ne pouvait que nous envoyer dans les gencives un morceau en contrepoint : Billy Jack, véritable perle,
concentré de savoir faire que n'aurait pas renié Barret. Tout y est, depuis les cassures de rythme, les vocaux savamment posés, le déluge de guitares, le thème récurrant, etc....
Morceau à tiroirs de plus de 10 minutes, c'est un régal pour les oreilles, une finale digne des meilleurs morceaux des années 60-70, totalement en décalage, totalement halluciné, totalement
déjanté... Quel carnage.
On enchaîne avec le titre de l'album : luna. Un instrumental dont on ne comprend pas très bien ce qu'il vient faire sur le disque : trop expérimental, il ne trouvera son public que parmi les
forcénés du pétard, les junkies du psychorock. Incompréhensible, inintéressant... mais finalement bien à contre-courant, comme tout le disque.
"Dove returning", hommage à peine déguisé à Pink Floyd, "sunlamp show" avec son orgue "farfisant" et son côté jumpin' jack flash sous acide nous plongent en phase directe avec les années 60,
allant jusqu'à copier un mixage trop clair.
"Smoggy bog" totalement halluciné, véritable descente aux enfers, ode à l'utilisation des stups, introduit "daffodils" un morceau tout en rondeurs, en douceur... Les voix éthérées, les
synthés mis (trop) en avant, une langueur de bon aloi... On se retrouve entouré d'une ambiance moite, mièvre. "Boats" emboîte le pas, et n'est pas sans rappeler l'univers pop folk
de Neil Young et de son Crazy Horse. On peut trouver plus mauvais comme modèle.
L'album se termine sur "Blue Mantel" une ballade pop qui nous emmène sur les rivages du réveil... Les derniers lambeaux du rêve s'estompent... Nous sommes en 2009. Sid
Barret est mort. Mais son esprit est toujours vivant.
Luna n'est pas un disque hommage aux années 60. Ce sont les années 60 qui vivent aujourd'hui. C'est un disque qui est tout sauf facile. Mais les plus belles aventures ne
sont-elles pas celles qui nous ont obligés à nous dépasser ???